09.02.2012
Le commerce équitable bientôt en kiosques
L’humanité, notre planète et tout ce qui la compose et la fait vivre, ne survivront que si l’homme parvient à mettre en œuvre un vrai développement durable, que personnellement je préfère nommer « Développement viable. » Or, l’un des trois piliers de cette démarche est constitué de la composante humaine au sens social du terme :
Permettre à l’homme de vivre dans son milieu en utilisant au mieux les ressources à sa disposition, sans contrainte imposée par d’autres et en harmonie avec son environnement naturel et social.
C’est pourquoi l’émergence du commerce équitable représente un rayon de soleil dans le ciel assez sombre de ce début de 21ème siècle.
Le nouveau magazine Le Miroir Agricole International se veut l’un des vecteurs de ce mouvement qu’il compte promouvoir à travers le monde. C’est la raison pour laquelle j’ai accepté d’en devenir désormais le rédacteur en chef de la version francophone, aux côtés de la journaliste américaine Veela Ammons, qui le dirige au plan international.
L’heure de la mise en kiosques est prévue pour le mois d’avril. Une publication à suivre pour tous les acteurs, du citoyen à l’entreprise de toute taille, en passant par les si nombreuses associations qui militent pour le développement viable sous toutes ses formes, en France comme dans les pays francophones.
Merci d’avance à tous de réserver le meilleur accueil au premier numéro du Miroir Agricole International.
Jacques-François MARTIN
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03.02.2012
Lejaby – LVMH : Vrai conte de fées ou storytelling ?
- Salut Bernard, c’est Nico, dis-moi, faut qu’tu m’rendes un p’tit service, mon grand.
- Vas-y Nini, c’est comme si c’était fait.
- Tu sais qu’j’ai sur le dos cette histoire de Lejaby, j’sais pas comment m’en décoller, Fillon est un peu manchot, alors y’a qu’toi qui peux m’sortir d’affaire, j’veux pas risquer un nouveau Vilvorde, sinon c’est l’autre gland qui va passer à ma place !
- Tu donnes quoi en échange, Nini ?
- T’inquiète, mon grand, tu sais bien qu’j’ai jamais laissé tomber mes amis, je saurai t’remercier, compte sur moi.
C’est à peu près ainsi qu’on peut imaginer le début de l’histoire, alors que des ministres désespérés tentaient de justifier leurs appointements respectifs en recherchant d'autres solutions. Mais dans nos belles démocraties, les choses ne se passent plus comme elles le devraient. Le fait du prince est redevenu l’unique mode de gouvernance, le seul mode de réflexion, si l’on peut s’exprimer ainsi. Car il ne s’agit que d’être malin, ce qui est assez différent, vous en conviendrez.
Être malin dans quelle perspective ? Simplement celle de prendre le pouvoir ou de le conserver. C’est là l’unique objectif de tout un pan de nos élites politiques. Chacun est libre de mettre derrière cette approche les visages, les partis, les factions et les clans qu’il choisira. On en trouve à tous les coins de l’échiquier. Mais l’un des deux grands camps – représenté par ceux qui détiennent l’argent et la puissance qu’il confère – est le mieux placé, afin d'y parvenir, pour mettre à profit des outils financiers et/ou industriels.
« Sans aucun rapport avec l’amitié qui lie le Président à Bernard Arnaud, les emplois d’Yssingeaux sont sauvés in extremis par le groupe LVMH. » La belle histoire racontera maladroitement que le projet est né chez le sous-traitant Sofama, qui l’aurait présenté aux équipes de Bernard Arnaud, qui aurait finalement tranché…
- Salut Nini, je veux dire Bonjour, Monsieur le Président, comment vas-tu ? J’ai une bonne nouvelle à t’annoncer, j’ai réussi à faire gober le projet par mon staff. J’ai fait mine de le découvrir quand il est arrivé sur mon bureau. Les gueuses vont en être baba.
- Super, mon grand, j’te r’vaudrai ça, bon, faut qu’j’te laisse, j’file à Berlin. On s’recause c’t’après’m’, j’verrai avec Angela si y’a pas un truc à reprendre pour toi pour pas cher dans les Länder de l’Est. Genre supprimer 400 emplois et juste reprendre les machines pour pas un rond ou presque, t’en dirais quoi ? Moi j’m’en fous, c’est pas chez moi, alors…
- Où alors une île de rêve en Polynésie, j’en ai pas encore, je crois…
- Ouais ouais, tu m’prêteras ton bateau, salut mon grand à plus.
Cette fiction n’a sûrement aucun rapport avec la réalité, qui est qu’un obscur sous-traitant a rattrapé au vol, par pur hasard et après une réflexion stratégique de longue haleine, une centaine d’emplois à la dérive. Pas de storytelling, on ne va quand-même pas s’abaisser à ça.
D’ailleurs, personne n’y croirait.
(Photo: Thierry Zoccolan. Soutien-gorge géant: les ouvrières d'Yssingeaux.)
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19.01.2012
Marchés financiers: la parabole des étourneaux
Les vols d’étourneaux en groupes relèvent de ce qu’on nomme aujourd’hui l’intelligence collective : comment s’organisent ces masses de centaines, voire de milliers d’oiseaux qu’on peut observer avec délice et fascination, tant ils semblent le résultat à la fois de miracles de la nature et de modèles mathématiques d’une grande sophistication ?
Le grand cerisier a poussé tout seul au milieu du champ et Herbert, le cultivateur soucieux d’environnement, n’a pas eu le cœur de le couper à temps. Aujourd’hui, même si cela lui coûte, il trace méthodiquement ses sillons en faisant le tour de l’arbre, à gauche puis à droite, laissant ainsi derrière lui, autour de ce sujet déjà ancien, comme la forme d’un œil ou d’un nœud sur une planche de bois.
Si tout va bien, après la floraison, la pollinisation puis la nouaison, le cerisier produit ses futurs rejetons sous forme de petites boules vertes qui grossissent au fil du temps jusqu’au mois de Juin, période ou le temps délicat l’entoure des caresses du vent, de la fraîcheur matinale de la rosée, de l’irisation de la lumière et de la chaleur du soleil de l’après-midi. C’est alors que le cerisier, mû par on ne sait quel réflexe automatique remontant aux origines des temps, donne à ses fruits leurs couleurs ancestrales, les aromes et le sucre que ses feuilles ont forgé depuis le tout début du printemps. Il a bien travaillé, il est prêt pour assurer sa succession.
Les prédateurs attendent patiemment, vivant de petites rapines ici et là. Mais leur heure est maintenant venue. Chaque membre du groupe, jusque-là éparpillé, le sent et le vérifie par quelques sondages et études du marché local. C’est alors le la troupe se rassemble peu à peu, grossissant de jour en jour puis d’heure en heure, traçant à la vitesse de l’éclair des fils d’information continue qui vont lui permettre de lancer une attaque coordonnée et de ne rien laisser aux groupes concurrents. Sus au cerisier !
Seul dans son champ au milieu du blé déjà presque mûr qui ondule au vent et arbore fièrement ses reflets par moment scintillants dans un bruissement à peine perceptible, le cerisier ne peut s’échapper, même s’il lui en prenait l’envie. Les arbres ont-ils parfois des envies ?
Dans le silence de cet après-midi de plomb, une petite tache noire apparaît à l’horizon, juste au-dessus de la lisière du bois. C’est alors qu’elle enfle en remontant dans le ciel impassible et passe en-dessous du disque solaire, implacable. Le groupe, formé de milliers d’individus tous à égale distance l’un de l’autre, trace à tour de rôle des volutes protéiformes, des spirales et d’autres mouvements parfaitement coordonnés autour de leurs leaders. Il n’y a plus en cet instant aucune liberté individuelle, semble-t-il. Rien que l’intelligence collective de la meute déchaînée.
Le cerisier n’a rien vu venir, si tant est qu’un arbre soit doté du sens visuel, a priori réservé à une partie du règne animal. Pourtant, le déferlement se produit sur le cerisier, qui pendant quelques minutes vire du rouge et vert au noir total. C’est déjà terminé. Le noir est reparti comme il était venu, disloqué, de nouveau perdu dans l’éther avant de se reconstituer pour l’attaque suivante, dans quelque jardin voisin. Le champ de bataille est lourd du deuil qui l’a frappé sans bruit ou presque. Les circuits d’information se sont reformés chez les prédateurs.
Après les cerises, ce seront les abricots, les framboises, les pêches, puis les premières prunes du village.
Il faut bien qu’ils vivent, les étourneaux, me dis-je. Mais est-il indispensable de se gaver ainsi ?
Peut-être. Mais il me semblait que les êtres humains, eux, pouvaient être d’une autre nature. Sublimer l’animal pour se hisser au niveau d’un être de raison, communiquer dans le partage, non seulement dans le groupe mais d’un groupe à l’autre et vice-versa.
L’histoire nous montre pourtant à l’envi qu’il n’en est rien. Ce qu’on appelle les marchés financiers ne sont rien d’autre que des groupes d’étourneaux malfaisants pillant sans retenue le fruit du travail sans discernement et en dehors de toute morale. L’éthique est rigoureusement absente de leur fonctionnement.
Peut-être serait-il temps de trouver d’autres systèmes de vie collective pour l’humanité qui, en persistant dans son modèle actuel, scie la branche sur laquelle elle est assise. Ceux qui en profitent directement s’en moquent, car tout ce qui compte demeure de se gaver dans l’instant. Attention, humains, la branche ne résistera pas longtemps, le cerisier est déjà bien âgé.
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20.12.2011
P’titchatnalyse : Une rencontre décisive...
- écoute, docteur, je suis sûre que c’est la première fois que tu vois un chat qui parle et, crois-moi, c’est normal, tu n’as rien à te reprocher. Alors écoute un peu et vous me direz après ce que vous en pensez, chapristi !
Fremd ne répondit pas, se demandant toujours ce qui lui arrivait, dans quel monde étrange plongeait son cerveau désarçonné. D’un simple coup d’œil, il fit comprendre à sa patiente qu’il regrettait son emportement et qu’elle pouvait reprendre là où ils en étaient restés.
- Alors voilà, dit-elle tout de go. La première grande saucisse à deux pattes que j’ai vue, c’est mon papa. Les grandes saucisses à deux pattes, c’est comme ça que moi, je nomme ce que vous appelez des hommes, des femmes ou des enfants. Je fais pas vraiment le détail, ça sert à rien dans l’existence d’un chat alors à quoi bon s’embêter avec ce genre de distinction.
- Admettons, dit-il, lui faisant signe de continuer.
- Au début, j’étais dans une espèce de cage (j’enrage encore rien qu’à y penser) posée sur d’autres cages et y en avait partout. On était dans une pièce borgne, toute petite et qui sentait pas bon, à cause de tous mes congénères qui y étaient entassés les uns sur les autres, chacun dans sa cage. Chacun et chacune y allait de ses récriminations diverses et variées contre cette situation inadmissible alors que nous, les chats, on est faits pour vivre en liberté. Je vous laisse imaginer le bruit que ça faisait, tous ces discours. Yen avait qui faisaient juste de petits miaou, d’autres qui râlaient comme des tigres, d’autres encore qui répétaient tout le temps la même chose, du genre « où elle est Maman ? », sans arrêter de toute la journée. C’est ceux-là qui me tapaient le plus sur le système pileux, que j’avais déjà abondant à l’époque. Mais on est tous et toutes comme ça, nous les chats, à part que moi mes poils, ils sont particulièrement beaux je trouve.
[le début et la suite sur http://www.upblisher.com/ebook/martin/jacques-francois/la... ]
08:52 Publié dans Blog, Pour rire un peu... | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : p'titchatnalyse, docteur fremd, ptitchatnalyse, fremd, cerise, jacques-françois martin |
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03.12.2011
Vive l'amitié franco allemande!

Vive l’amitié franco allemande, Es lebe die deutschfranzösische Freundschaft!
C’est par ces mots, prononcés en français et en allemand par Charles de Gaulle, qu’a vraiment commencé l’Europe. Cette Europe n’a peut-être pas suivi le chemin que nous, les peuples, aurions souhaité. En effet, au-delà de très nombreux partages culturels, c’est la sphère financière qui a pris le dessus. Mais la sphère financière a mal joué son coup et elle ruine en très peu de temps tout ce que nous avons voulu construire depuis plus de 50 ans.
Mais ce n’est pas une raison pour faire renaître la vieille germanophobie que se partagent de nouveau aujourd’hui l’extrême droite et quelques chantres inclassables d’un nationalisme de gauche, tels Arnaud Montebourg et le diviseur Jean-Pierre Chevènement. Ceux-là devraient sortir du PS et rejoindre les premiers, au moins les choses seraient claires et ils pourraient ensemble recréer un prétendu socialisme national (pour mettre les mots dans le sens de notre langue), comme avait prétendu le faire l'innommable Pétain.
Heureusement, l’amitié franco allemande est une réalité bien plus profonde que ne se l’imaginent ces gens-là, que je méprise profondément. Merkel et Sarkozy ne sont pas les modèles de l’Europe humaine et sociale que nous appelons de tous nos vœux. Chassons-les du pouvoir, c’est notre droit et notre devoir. Et profitons-en pour rapprocher encore davantage nos deux pays. N’oublions pas que celui qui a fondé la nation française était un Germain et s’appelait Clovis 1er, roi des Francs, peuple germanique s’il en est. Les cliques Le Pen et Montebourg doivent l’avoir oublié, à moins qu’ils ne souhaitent fomenter de nouvelles guerres, civiles ou non, pour s’arroger un pouvoir sans partage. Ouvrons les yeux et que vive l’amitié franco allemande !
08:29 Publié dans Blog, Coups de Gueule, Europe et Cousins Germains | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : germanophobie, montebourg, le guen, amitié franco allemande, france allemagne, jacques-françois martin |
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21.11.2011
De la "Movida" à la"Corrida"
Sans transition ou presque au regard de son histoire récente, L’Espagne passe de la « Movida » à une nouvelle forme de corrida : la course pour la vie dans un pays qui apprend sa faillite quasiment du jour au lendemain. Comme la Grèce et l’Italie, elle a maintenant à sa tête de petits hommes gris sans aucune imagination. Et pourtant, l’Espagne n’était-elle pas devenue en Europe le pays de la créativité et de tous les possibles ?
À la fin des années 1980, Pedro Almodóvar présentait le premier long métrage qui allait le rendre célèbre et faire connaître au monde la « Movida » espagnole : Femmes au bord de la crise de nerfs. « Movida » signifie simplement Mouvement en espagnol. Un simple mot de tous les jours pour désigner l’extrême créativité que la fin de la dictature, quelques dix ans plus tôt, puis le difficile et courageux apprentissage de la démocratie, ont fait naître dans le pays.
Qui fréquentait un peu l’Espagne à l’époque, de Barcelone à Grenade en passant par Madrid, ne pouvait qu’être frappé par la vitesse à laquelle se propageait ce mouvement culturel né dans la capitale. L’Espagne renaissait de ses tristes cendres franquistes et fêtait ainsi son entrée dans la Communauté Européenne en 1986, cinq ans après la Grèce.
Au début de la décennie suivante, le même voyageur constatait la puissance et la conviction qui, de la Catalogne à l’Estrémadure, animait les Espagnols dans la réalisation de grands travaux. Avec les Jeux olympiques de Barcelone et l’Exposition Universelle de Séville la même année, 1992 fut l’un des points d’orgue du renouveau de l’Espagne. Le pays était devenu méconnaissable pour qui l’aurait quitté en 1975, juste après la mort du sinistre Franco. Mais les Espagnols ont toujours su lui garder le principal peut-être : son âme, sa culture, sa langue merveilleuse. C’est précisément sur ces fonts baptismaux qu’ils se sont appuyés pour faire de leur pays l’une des plus éclatantes réussites de l’Union Européenne.
Clac : la lumière s’est éteinte brusquement. Comme en Grèce et en Italie, de petits hommes gris se sont installés derrière les leviers de commandes. Ils ont une bonne connaissance des mécanismes économiques internationaux qui ruinent un à un les États européens ; c’est normal : ce sont eux qui, justement, ont largement contribué à fixer les règles de cette immense partie de poker menteur.
Aujourd’hui et demain plus encore en Espagne, à cause de ces petits hommes gris, des millions de gens connaissent et vont devoir affronter des situations que même leurs aînés n’avaient pas vécues sous la dictature. Il faut courir pour vivre, pour survivre dans un pays ruiné dont les habitants n’ont rien demandé, si ce n’est la liberté : liberté d’entreprendre, de vivre, de construire sa vie, de créer. C’est et ce sera de plus en plus la course. La course, en espagnol, se dit simplement « Corrida ».
17:55 Publié dans Coups de Blues, Coups de Gueule | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : espagne, rajoy, crise, almodovar, jacques-françois martin |
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16.11.2011
Une Révolution Européenne est-elle en marche ?
« Les citoyens se révolteront contre la dictature des marchés ». Ce n’est ni Jean-Luc Mélenchon, ni François Hollande qui s’exprime ainsi, mais Jean-Pierre Jouyet, le président de l’Autorité des Marchés Financiers.
Que ces mots-là sortent de cette bouche-là, c’est déjà en soi une révolution. Car Jean-Pierre Jouyet fait partie du cercle des économistes libéraux qui, jusqu’à ce jour ou presque, avaient professé que les marchés s’autorégulaient et faisaient même de cette certitude un dogme intransgressible.
Les temps ont bien changé. L’Europe est aux abois parce que les gouvernements (et parmi eux, le nôtre en particulier) se sont endettés sans compter, de manière irresponsable, à des fins essentiellement électoralistes. Mais aussi parce que les structures politiques européennes n’ont pas suivi, comme cela était censé se produire « naturellement », comme par contagion de la sphère économique.
Non, la création de l’Euro n’a pas suffi à faire de nos pays un territoire suffisamment homogène pour se montrer inattaquable face aux révolutions technologiques de la finance internationale. C’est aussi ce que constate aussi le très européen Wolfgang Schäuble, ministre allemand des finances, qui pousse notamment nos pays à élire un président au suffrage universel. Très conscient de la faiblesse majeure que constitue l'absence d'une Europe politique, il plaide dans une interview donnée au Monde pour une « vraie révolution » institutionnelle afin que l’union devienne enfin la force du continent.
Une révolution Européenne serait-elle en marche ? Si tel est le cas, qui va la conduire : les États ou les citoyens ? Et si c’étaient les deux à la fois ? Cela permettrait peut-être de mettre l’accent cette fois sur la justice sociale, qui a été jusqu’à ce jour un élément largement écarté de la construction européenne. Or, ce sont les citoyens qui font les pays et les continents. Les Européens ne diront pas oui une deuxième fois à une Europe qui ne les prendrait pas en compte en tant que tels. Messieurs les politiques de tous bords, au pouvoir comme dans les oppositions, ne l’oubliez pas. La vraie révolution doit se trouver là, sinon le cauchemar des nationalismes reprendra le pouvoir. Est-ce vraiment ce que vous voulez, ce que nous voulons?
10:59 Publié dans Coups de Cœur, Europe et Cousins Germains | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : europe, révolution, schäuble, attali, jouyet, jacques-françois martin |
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08.11.2011
Aider les Grecs, c'est aussi sauver la démocratie
C’est un sondage qui le révèle : dans leur majorité, les Français souhaitent ne plus aider la Grèce. Qu’on n’aide plus les armateurs et l’Église orthodoxe (qui possède, dit-on, un tiers du pays), d’accord. Il faudrait aussi réduire considérablement le budget militaire du pays qui, avec ses 2,8% du PIB, arrive en proportion au deuxième rang derrière les États-Unis au sein de l’Otan. Cela signifie qu’en effet, le nouveau gouvernement doit faire le ménage de façon drastique dans son équilibre budgétaire. Mais les citoyens grecs lambda, déjà écrasés sous les impôts et autres mesures d’austérité, en quoi sont-ils responsables de la faillite de leur pays ? Ce sont eux qui ont emprunté sur les marchés ?
Ne pas aider la Grèce, c’est condamner à la misère tout un peuple qui déjà n’en peut plus. Plus largement, ne plus aider la Grèce - les Grecs - risque de faire exploser l’Euro, ce qui, sans le moindre doute, plongerait l’Europe entière et le monde dans une récession encore bien pire que celle qui suivit, dans les années 1930, le krach de Wall Street. On sait ce qui est advenu durant la décennie et au-delà.
Or, c’est précisément ce qu’attendent les prétendus souverainistes de tous poils et l’extrême droite pour prendre le pouvoir en récupérant les voix des mécontents et des affamés. Pour générer un nouveau chaos universel au profit de leurs incommensurables egos.
Il faudra bien un jour remettre de l’ordre dans ce qu’on appelle pompeusement les marchés. Oui, il faut revoir de fond en comble le système fou et profondément injuste qui gouverne la planète. Mais en attendant, il paraît avisé de sauver les meubles, de sauver la Grèce pour sauver les Grecs et les autres. Imaginons qu’arrive le tour de l’Italie ou de la France. Que dirions-nous si demain, une majorité d’Européens refusait d’aider notre pays englué dans une récession que nous, citoyens, n’avons en rien provoquée ? Précisément, nous n'aurions plus rien à dire. Aider les Grecs, c'est aussi sauver la démocratie, même si c'est le plus imparfait des régimes! C'est seulement à ce prix que nos indignations pourront se faire entendre et, souhaitons-le, faire émerger une plus grande justice sociale.
11:07 Publié dans Coups de Gueule, Europe et Cousins Germains | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : dette grecque, grecs, démocratie, europe, crise économique, jacques-françois martin |
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02.11.2011
Pour qui sont ces cerises...?

Quel est donc cet étrange objet: la nouvelle station orbitale internationale? Une figure mathématique? Un fantôme de l'au-delà de notre galaxie?
Non, ce ne sont que quelques nanoparticules. Les nanomatériaux, déjà très largement utilisés dans les produits que nous manipulons et consommons chaque jour, sont-ils dangereux pour l'homme et / ou pour la planète? Leur généralisation est-elle utile au développement viable de notre espèce et à la biodiversité?
Il semble que sur le volet de l'utilité, certaines réponses très positives soient déjà apportées notamment en médecine: bien utilisés, les nanomatériaux apportent des solutions incontestablement efficaces. Néanmoins, on se pose toujours la question de leur innocuité dans certaines applications, c'est pourquoi il faut continuer d'explorer leurs implications. Encore fallait-il pour cela définir avec précision de quoi on parle, autrement dit la taille des particules concernées. C'est ce que vient de faire la Commission Européenne et ce que rapporte le site Notre Planète info, référence en environnement et sciences de la Terre.
16:55 Publié dans Coups de Cœur, Développement viable, Europe et Cousins Germains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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26.10.2011
« Je connais bien Claude Guéant : c’est un républicain. » (Alain Juppé.)
Cette petite phrase prononcée ce matin sur France Inter par Alain Juppé est effrayante. En effet, s’il faut aujourd’hui connaître personnellement un ministre pour s’assurer de sa fidélité à la République, nous sommes bien dans une phase de déliquescence de nos institutions. A côté des nombreuses petites phrases méprisantes des uns et des autres sur les magistrats, en marge des déclarations bafouant la séparation des pouvoirs, nous devons donc affronter, depuis quelques années, la stigmatisation des étrangers, des Français d’origine étrangère (ce que nous sommes tous, au demeurant !) et d’ethnies non grata, comme les Roms.
Claude Guéant, lors d’une récente visite à Marseille, avait initialement déclaré : Il y a une immigration comorienne importante qui est la cause de beaucoup de violences.
Heureusement, Monsieur Guéant a finalement exprimé ainsi ses regrets : On a un problème récent de violences de personnes comoriennes, pas de Français d'origine comorienne. J'ai répété ce qu'on m'avait dit, mais si cela a pu blesser des Français d'origine comorienne et des Comoriens tout court, je le regrette.
Donc, ce ne sont pas les Français d’origine comorienne qui sont à incriminer, ni les Comoriens. Il ne s’agit alors que de Comoriens d’origine française ? Ah non, ceux-là non plus. Alors, noyons le poisson comorien et n’en parlons plus.
Dans quels contextes utilise-t-on ou a-t-on employé cette distinction entre les « républicains » et « les autres » (?) Dans tous les temps de grande instabilité : lors de la Révolution Française, aujourd’hui dans les pays de la Révolution arabe, mais aussi en France lors du putsch d’Alger, voire encore juste après la débâcle en 1940. De même en 1932-1933, alors que le Président Hindenburg refusa, tant qu'il le put, de nommer Hitler au poste de Chancelier. Mais heureusement, nous sommes loin de tout cela en France aujourd’hui. Français, dormez tranquilles : nous avons encore la chance d’avoir des ministres républicains.
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23.10.2011
Un indispensable bain d'histoire récente
Le film Apocalypse / Hitler est à voir absolument, en DVD ou sur France 2 le mardi 25 octobre.
Car ceci est notre histoire, c’était hier en allemagne. Et prenons garde à ce que ça ne soit pas aussi demain en france. Comment, dans ce qui était à l'époque le pays le plus cultivé du monde, un petit excité antisémite et xénophobe a-t-il réussi, après quelques vagues tentatives avortées, à concentrer en ses mains les votes d'une majorité de citoyens? Crise économique mondiale et pauvreté, recherche du sauveur sont certainement parmi les réponses les plus déterminantes.
Les Allemands ne sont pas différents des Français. A une nuance près, aujourd’hui : ils ont intégré le poids de leur passé. Alors qu’en France, les néopétainistes qui prônent le retour au Franc et veulent faire de nous tous du bétail, ceux-là, sous des apparences à la fois calmes, doctes et amicales, prennent parfois l’allure charmeuse des sirènes. Ne nous bouchons pas les oreilles (ni le nez), mais au plus dur de la crise qui nous guette, pensons sans relâche à ce passé si proche et riche d'enseignements: il n’est, au final, qu’une forme de notre présent.
Pour en savoir plus sur le film: http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/09/1187949-apocal...
19:11 Publié dans Coups de Gueule, Europe et Cousins Germains | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : hitler, nazis, apocalypse, jacques-françois martin |
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Recapitalisation?
Finalement, le chef de l'État semble avoir pris hier une décision qui va dans le bon sens. Aurait-il lu mon article de vendredi?? ;) Plus sérieusement: cent milliards ne seront pas suffisants sur le plan européen, mais la décision est cependant courageuse.
Peut-être lui coûtera-t-elle des voix supplémentaires à l'élection présidentielle. Mais avec les talents de prestidigitateur que nous lui avons déjà connu par le passé, qui peut prévoir...?
08:25 Publié dans Coups de Gueule, Europe et Cousins Germains | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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21.10.2011
France et Allemagne au pied du mur...
Face à la crise du système bancaire, qui n’en finit plus de se répercuter dans le monde entier et singulièrement en Europe, la France et l’Allemagne sont au pied du mur. L’Allemagne (disons plutôt la Chancelière Angela Merkel) veut bien augmenter le fonds de solidarité européen. Mais à condition de ne pas en faire un organisme bancaire, du moins tant que la France n’assumera pas ses responsabilités.
La France qui a, plus que jamais ces dernières années, fait appel à un déficit budgétaire abyssal, refuse (disons : le Président Nicolas Sarkozy refuse) de recapitaliser les banques françaises. Pourquoi ? Simplement parce que ce serait à nous, Français, d’en payer la lourde addition.
Et dans ce cas, adieu l’Élysée en 2012 ! Or, à moins qu’il ne déclenche lui-même l’apocalypse économique en maintenant cette position totalement indéfendable, il sera bien contraint de faire un effort substantiel. Veut-il être réélu, s’agrippant à un pouvoir sans lequel, semble-t-il, il ne songerait même pas à vivre ? Ou bien veut-il laisser dans l’Histoire le souvenir d’un homme ayant contribué activement à sauver l’Europe (comme tente de le faire Zapatero) et la France ?
Notre président est à la croisée des chemins. Espérons que sa récente paternité lui rappellera où sont ses responsabilités et quel doit être le bon choix pour lui. Espérons que, d’une manière ou d’une autre, le pot de départ approche. Souhaitons que ce soit après avoir pris les bonnes décisions, les plus difficiles à prendre : celles que lui suggère à juste titre Madame Merkel.
15:38 Publié dans Europe et Cousins Germains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : france, allemagne, euro, europe, jacques-françois martin |
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19.10.2011
Belgique: 43% des sondés aiment le nazisme!
Non, vous ne rêvez pas, ce n'est pas une fiction! Dans un sondage effectué au début de ce mois par internet auprès d'un échantillon supposé représentatif de la population adulte, les Belges se déclarent favorables (43%) aux idées du nazisme (sur la question du nationalisme économique), alors que seuls 44% des répondants disent rejeter en bloc ses positions. Plus de détails
Si les règles de sondage ont été bien respectées lors de cette étude auprès de nos voisins belges, il apparaît probable qu'on obtiendrait plus ou moins les mêmes résultats dans d'autres pays proches dont, pourquoi pas, la France.
Cela montre, pour le moins, le manque total d'information d'une bonne partie de la population sur le nazisme, l'antisémitisme qui le fonde, le rejet systématique de l'autre allant jusqu'à son élimination physique. Mais peut-être aussi une part des citoyens bien informés rejoint-elle cette cohorte?
Cette nouvelle est effrayante. Est-cevraiment une nouvelle, d'ailleurs? Regardons ce qui se passe en France avec la destruction des camps de Roms et l'expulsion de ces populations. Remplacez Roms par Juifs et dites-moi si vraiment, il n'y a pas de quoi se poser de sérieuses questions sur l'atmosphère qui empuantit ce début de siècle. Un préfet de la République vient d'intervenir pour faire licencier très légalement un ingénieur étranger, afin de laisser la place à un hypothétique citoyen français. Sous le gouvernement de Vichy, ce sont aussi des lois qui imposaient un statut particulier aux juifs. La loi est la loi, circulez. Jusqu'où faut-il accepter l'inacceptable? A ceux qui auraient mal lu leurs manuels d'histoire, il est temps de rappeler, une fois encore, que le parti nazi est arrivé légalement au pouvoir en Allemagne en 1933.
19:29 Publié dans Coups de Blues, Europe et Cousins Germains | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jacques-françois martin, nazisme, nazis, belgique, belges, sondage, roms |
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18.10.2011
« C’est à son anti-intellectualisme que, assurément, on reconnaît une crapule. »
On attribue cette citation à Jacques Lacan. Il ne faut pas y trouver ce qu'elle ne dit pas: en effet, elle n'affirme en aucun cas que seul l'intellectuel dirait la vérité (quelle vérité) ou que seules ses réflexions, ses échanges avec ses pairs seraient respectables. Du moins, je ne le crois pas.
Mais la phrase supposée du maître met le doigt sur une évidence: le jour où ceux qui nous dirigent et / ou nous manipulent en tant que groupe s'engagent dans la voie du rejet, du dénigrement de la parole intellectuelle, il est temps de s'alarmer. Rappelons-nous que ce type de posture, si l'on peut nommer cela ainsi, a toujours présidé à l'utilisation d'individus et de masses incultes et influençables lors des prises de pouvoir par les dictatures: en Grèce, au Chili, en Espagne...
Mais aussi en France en juin 1940. N'oublions pas cela. Parmi les intellectuels, on trouve bien sûr les écrivains, les artistes, les professeurs d'un certain niveau et certainement encore beaucoup d'autres, dont les magistrats. Si Lacan était encore parmi nous, à qui penserait-il aujourd'hui en prononçant cette phrase?
15:11 Publié dans Coups de Gueule | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lacan, intellectuels, anti-intellectualisme, jacques-françois martin |
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